ARGUMENTS

1- MALBOUFFE ET RISQUES AVERES POUR LA SANTE

La nourriture servie au McDonald’s est le symbole incontesté de la malbouffe. Comme indiqué dans cet article, celle-ci étant généralement trop riche en gras, en sucre, en sel et pauvre en fibres végétales et en vitamines, la consommation fréquente de fast food peut entraîner un surpoids,  des maladies cardiaques, de l’hypertension artériel, du diabète, surtout gras, de l’obésité, des troubles de la vésicule biliaire, certains cancers comme par exemple ceux de la prostate, du pancréas, des ovaires, des seins, de l’utérus, des poumons, des intestins,  et même une dépression. Les risques que fait porter la surconsommation de ce type d’alimentation sur la santé sont si évidents que les médecins eux-mêmes se mobilisent contre ces dangers, comme aux Etats-Unis où ils ont diffusé le spot suivant :

Par ailleurs, comme indiqué ci-dessus et dans cet cet article, une nouvelle étude dirigée par des scientifiques des Universités de Grenade et de Las Palmas (Espagne) a établi un lien entre la consommation de fast-food et le risque de dépression. Publiée dans la revue scientifique Public Health Nutrition, cette étude révèle que les consommateurs de fast food ont un risque 51 % plus élevé de souffrir de dépression que les personnes qui n’en mangent pas ou peu. De plus, les chercheurs ont constaté que le risque augmente avec la quantité : « plus vous allez au fast-food, plus votre risque de dépression est élevé », a expliqué Almudena Sánchez-Villegas, directeur de l’étude.

S’il est vrai qu’une consommation très épisodique de fast food n’est pas dangereuse pour la santé, tout le monde sait qu’une des cibles privilégiées de ce type de chaîne de restauration rapide sont les jeunes qui font bien souvent pression sur leurs parents pour aller au McDonald’s, avant de consommer ce type d’alimentation bien trop fréquemment à leur adolescence. Comme l’indique le Pr Jean-Michel Cohen dans cet article : «Les chaînes de fast-food usent d’un marketing agressif à destination des jeunes et des enfants et créent ainsi une addiction qui est dangereuse. Et la présence de 18% d’acides gras trans (partiellement hydrogénés pour une plus longue conservation) dans leurs frites est éminemment néfaste pour la santé.». Une addiction déjà dénoncée en Lozère et illustrée par cet autre spot choc diffusé en Australie :

L’émission Cash investigation diffusée sur France 2 au printemps 2012 sur le neuromarketing aborde également le cas particulier de McDonald’s, avec une interview du PDG de McDonald’s France, Jean-Pierre Petit, par Elise Lucet :

Cash Investigation – NeuroMarketing from AbouBilalTv on Vimeo.

Si l’argument du bas coût des fast food est enfin souvent utilisé, le rapport qualité-prix en termes nutritionnels remet les choses en perspective, comme l’explique l’auteur du même article mentionné ci-dessus :

J’additionne le prix du petit-pain (20 centimes), le bloc de poulet reconstitué (70 cts), la feuille de laitue (3 cts), la tranche de tomate (6 cts), les 200 grammes de frites surgelées (30 cts). J’ajoute celui de l’eau gazeuse et du sucre (15 cts), plus les divers sauces et colorants (18 cts). Même en ajoutant la tranche de bacon et de fromage fondu, j’arrive à un total, taxes comprises, de 1,75 euros maximum pour les matières premières – et je suis généreux.

Tout le reste, c’est les installations, le bâtiment, le parking, les emballages, la publicité, la main-d’œuvre et les impôts. [Et les bénéfices!]

C’est pourquoi la réalité est que, par rapport à ce qui se retrouve dans votre estomac, les fast-foods sont chers, très chers. Ce sont peut-être même eux qui appliquent le coefficient multiplicateur le plus élevé entre le coût de la nourriture dans votre assiette, ou plutôt dans votre carton, et le montant de l’addition.

2- PRECARITE DE L’EMPLOI ET VITALITE DU CENTRE-VILLE DE CREST

Avec le développement des zones commerciales périphériques d’Intermarché, de Casino et d’Aldi, le centre-ville de Crest est en voie de dévitalisation : plus de 30 locaux commerciaux vacants pour les seules rues principales de l’hyper-centre historique! L’implantation d’un McDonald’s à proximité du nouveau Casino, à l’entrée ouest de la ville, ne ferait que renforcer cette dynamique, et mettrait en péril les emplois des boulangeries, sandwicheries et autres enseignes de restauration rapide du centre-ville de Crest, déjà présents en nombre suffisant pour répondre à la demande. Elle serait par ailleurs en opposition totale avec l’objectif de l’Agenda 21 de la ville de Crest de « Favoriser la reprise des locaux commerciaux vacants et la création de nouvelles activités en centre-ville ».  C’est toute la qualité piétonne du centre-ville et le lien social qu’elle crée qui sont remis en cause.

McDonald’s est également reconnu pour la précarité des emplois créés, à base de CDD et d’emplois à temps partiels ou saisonniers. La culture du management de ce type d’enseigne a ainsi fait l’objet de nombreux ouvrages et documentaires comme celui d’Hélène Weber, « Du ketchup dans les veines« , ou le documentaire « Ceux des fast food« . Celui-ci décrit le travail de jeunes étudiants dans ces fast food, leurs conditions de travail avec des cadences infernales, l’absence de convivialité, l’esprit d’entreprise basé sur la rapidité et l’efficacité qu’on leur demande, et le constat au final que ce travail les a freinés dans leurs études.

3- PERTE D’IMAGE DE LA VILLE ET DE LA VALLEE

La cité de Crest, comme la vallée de la Drôme, sont riches de leur histoire et de leur architecture. Elles ont su préserver leur qualité de vie et leurs paysages, et les agriculteurs et artisans ont su défendre un terroir et une gastronomie qui attirent toujours plus de touristes. C’est cette orientation qu’a choisi la vallée  avec le projet Biovallée : un mode de développement humain durable. Celui-ci vise ainsi à développer l’agriculture biologique dans la vallée, ainsi que les circuits courts de distribution. L’implantation d’un McDonald’s en plein cœur de la vallée, symbole de l’élevage intensif et de la mondialisation, va totalement à l’encontre de cette dynamique. Elle participe au contraire à l’uniformisation des abords de toutes les villes moyennes qui se ressemblent toutes, reflet d’une mondialisation culturelle dominatrice dénoncée de toutes parts.

Ce sont cette histoire et cette identité de la ville et de la vallée qui rendent insupportable à plus d’un l’apparition d’un « M » géant à l’entrée ouest de  la ville de Crest, dans l’alignement de la tour de Crest et du massif des Trois Becs!

4- IMPACT ENVIRONNEMENTAL

McDonald’s est enfin le symbole du gaspillage et d’une empreinte écologique énorme par le volume de déchets généré par les emballages, mais aussi par les conditions d’élevage intensif de la viande contenue dans ses hamburgers, et les émissions de gaz à effet de serre nécessaire à cette production. Elle représente donc un mode de consommation totalement insoutenable pour la planète. L’implantation du McDonald’s de Crest est de plus prévue sur d’anciennes terres agricoles et participerait ainsi à l’artificialisation des sols.